Elliot Convery-Fisher, Adam Devenish, Sam Staddon, Christian Kull, F. Laura Rafanomezantsoa, and Tianjanahary Randriamboavonjy, et Caroline E. R. Lehmann

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Les récits sur Les Hauts Plateaux de Madagascar dépeignent généralement un tableau de déforestation rapide et de perte d’habitats indigènes. Pourtant, notre étude sur 73 ans révèle que les bois de tapia, dominés par l’arbre endémique Uapaca bojeri, sont restés remarquablement stables dans leur structure d’ensemble au cours des dernières décennies.

Nous avons suivi les changements de ces bois de 1949 à nos jours grâce à des photographies aériennes historiques et à des images satellites modernes. Nous avons également passé du temps à écouter les membres des communautés locales, qui nous ont livré leur histoire vécue du paysage. Ce que nous avons trouvé remet en question le récit habituel selon lequel les êtres humains sont à l’origine de la déforestation. Même à proximité de routes fréquentées et de villages en expansion, la structure fondamentale des bois de tapia s’est maintenue. Cela suggère que les pratiques traditionnelles d’utilisation des terres contribuent probablement à la résilience de cet écosystème, plutôt qu’à son déclin.

Nous avons néanmoins mis en évidence des changements. Si les bois semblent stables vus de loin, la diversité des arbres qui les composent est en train d’évoluer. Les populations locales nous ont expliqué que, tout en protégeant les bois, elles récoltent de manière sélective certains arbres indigènes robustes pour construire des maisons, des charrettes et des planches. Parce que ces arbres ont une grande valeur, ils disparaissent progressivement, même si le reste des bois demeure intact. Cela montre comment des bois peuvent paraître en bonne santé sur une image satellite tout en perdant leur diversité unique sous la canopée, et souligne l’intérêt de recourir au vécu local pour surveiller les changements des écosystèmes.

Notre étude réfute l’idée que la déforestation serait principalement imputable aux communautés rurales. Elle met plutôt en évidence que la gestion locale est peut-être l’une des raisons pour lesquelles ces bois existent encore aujourd’hui. La menace émergente que nous avons identifiée est la propagation rapide d’espèces sylvicoles exotiques, comme les pins, qui se sont répandues dans ce paysage, y compris à l’intérieur des bois eux-mêmes. À l’avenir, les politiques de conservation devraient soutenir les populations locales dans la gestion de ces espèces exotiques et dans la restauration de la diversité des bois, afin que toute la richesse de la biodiversité unique de Madagascar soit préservée pour les générations futures.