Elliot D. Convery-Fisher, Adam Devenish, Sam Staddon, F. Laura Rafanomezantsoa, and Caroline E. R. Lehmann

Incendie agricole se propageant dans les prairies de Madagascar. Chaque année, des incendies allumés pour préparer les terres et gérer les pâturages brûlent une grande partie des hauts plateaux centraux de Madagascar. Ces incendies reflètent les tensions de longue date entre les communautés rurales qui dépendent du feu pour leur subsistance et les efforts de conservation qui considèrent tous les incendies comme destructeurs — un conflit que cette étude examine à travers le point de vue des parties prenantes dans le district d’Ambatofinandrahana.
Crédit photo : Peter Prokosch/GRID-Arendal (2012).

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L’utilisation du feu dans les prairies de Madagascar crée un conflit entre les communautés rurales qui dépendent du brûlage pour leur subsistance et les responsables gouvernementaux qui considèrent tous les incendies comme destructeurs pour l’environnement. Ce désaccord rend difficile l’élaboration de politiques efficaces de gestion des incendies qui conviennent à tous. Nous voulions comprendre comment différents groupes perçoivent les causes des incendies de prairies afin de trouver des moyens de réduire ce conflit.

Nous avons organisé des discussions de groupe avec 133 personnes issues de cinq groupes distincts : des représentants du gouvernement, des agents de conservation, des chefs communautaires, des agriculteurs et des éleveurs du district d’Ambatofinandrahana, dans le centre de Madagascar. Les participants ont créé des cartes visuelles illustrant les causes des incendies selon eux et les liens entre ces facteurs. Nous avons ensuite utilisé des méthodes statistiques pour comparer ces différents points de vue.

Nous avons constaté des divergences importantes entre les utilisateurs ruraux du feu et les autorités, mais nous avons également découvert que les chefs communautaires avaient des points de vue modérés et que tous les groupes s’accordaient à dire que la médiocrité des infrastructures et le vol de bétail contribuaient aux problèmes liés aux incendies. Ces préoccupations communes pourraient servir de point de départ à une collaboration.

Nos conclusions suggèrent que les politiques de gestion des incendies devraient aller au-delà de la simple interdiction des feux et s’attaquer aux problèmes socio-économiques sous-jacents, tels que l’insuffisance des services ruraux et la faiblesse des institutions. Les dirigeants communautaires pourraient jouer un rôle important en tant que médiateurs dans l’élaboration d’approches plus inclusives de gestion des incendies, qui respectent à la fois les besoins en matière de conservation et les moyens de subsistance des populations rurales.